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Le Maroc poursuit son développement

Le Maroc poursuit son développement

Avec un taux de croissance de l’ordre de 5,4 % en 2009, le Maroc, certes toujours classé parmi les pays en développement, repose sur des fondamentaux équilibrés, ce qui attise, malgré la morosité économique ambiante, l’appétit d’un grand nombre d’opérateurs étrangers. Un intérêt qui s’amplifie d’année en année d’autant que le gouvernement mise, pour demain, sur une industrie hautement compétitive.


Ces cinq dernières années, le Maroc a fait le choix du mouvement et de l’ouverture. Une accélération très nette dans ses réformes tant économiques que sociales avec la refonte de l’éducation, de la formation, du système de santé (AMO), jusqu’alors très en retard, et du code de la famille afin de moderniser le statut de la femme.

Le Maroc accélère sa modernisation et ses pratiques démocratiques avec la multiplication de ses partis politiques et de ses médias. « Il est entré dans une ère de développement pérenne basée sur une approche partenariale et contractuelle entre le public et le privé », précise Abdelali Berrada, Expert National de l’ONUDI chargé du projet Consortiums d’exportation. Quant au programme d’Initiative Nationale pour le Développement Humain, mis en place depuis 2006, il vise à réduire la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale. « Le taux de pauvreté, de l’ordre de 15,3 % en 2001, est en baisse. Il était estimé à 9 % en 2007. Pour éradiquer les bidonvilles, 150 000 logements par an vont être construits. D’ici 2020, 15 nouvelles villes verront ainsi le jour », se réjouit Abdelali Berrada.

Par ailleurs, pour accentuer son développement économique principalement sur le tourisme, l’industrie et l’agriculture avec la mise en place pour cette dernière du Plan Maroc Vert, le gouvernement ne lésine pas sur les moyens. « Depuis cinq ans, près de 5 milliards d’euros sont investis chaque année » explique Faïza Hachkar, chargée de mission France à la Chambre Française du Commerce et de l’Industrie du Maroc (CFCIM). Un budget qui sera doublé les cinq prochaines années pour satisfaire les objectifs fixés, en terme d’infrastructures notamment. Intimement liée à la réussite des programmes en cours, la nouvelle stratégie logistique s’appuie ainsi sur un schéma national de plateformes logistiques, l’émergence d’opérateurs marocains intégrés, la création d’outils de suivi et de veille et la formation dans les métiers du transport et de la logistique. « Entre 2008 et 2012, l’Etat a prévu la construction de 400 kilomètres d’autoroutes et de 2000 kilomètres de routes par an. De même, le port de Tanger Med devrait pouvoir accueillir 8 millions de conteneurs par an d’ici 2012, ce qui le classerait dans les 15 premiers ports mondiaux ».

Parmi les projets phares figurent aussi l’introduction du TGV, avec un réseau s’étendant sur 1500 km à l’horizon de 2035, et la construction du tramway à Rabat, Casablanca et Marrakech… Autres créneaux d’avenir, ceux de l’énergie et des mines. L’Etat souhaite développer les énergies renouvelables, les panneaux solaires entre autres. Au niveau des mines, le Maroc possédant la moitié des réserves mondiales de phosphates, en est le premier exportateur mondial. Pour conserver sa position et élargir la capacité de l’OCP (Office Chérifien des Phosphates), le Maroc projette d’investir, d’ici 2015, 45 milliards de dirhams. Quant au tourisme, le plan “Azur ” prévoit la création de six stations balnéaires pour 2010, le but étant d’attirer 10 millions de touristes en 2010. A l’heure actuelle, le Maroc compte près de 8,2 millions de touristes chaque année. Même si la crise semble affecter le tourisme de luxe, le tourisme de masse se maintient.

L’Etat soutient son industrie…

Et pour figurer parmi les leaders, le Maroc mise sur la modernisation de son tissu industriel. Le plan « Emergence », présenté fin 2005, prévoit notamment sur dix ans la création de 440 000 emplois. Parmi les métiers moteurs de croissance figurent ainsi l’offshoring, l’automobile, l’aéronautique, le textile, l’agriculture, l’électronique, la transformation des produits de la mer et l’artisanat. En complément, le plan « Envol » consiste en une remise à niveau du Maroc sur des secteurs technologiques de pointe, comme la biotechnologie, la nanotechnologie, la recherche et le développement. Ces différentes activités sont regroupées en pôles de compétitivité. Dans le nord du Maroc, il s’est, par exemple, créé un grand pôle autour du projet Renault Nissan, ce qui représente 80 000 emplois. Des clusters qui s’accompagnent, en sus, d’un cadre très incitatif. Les investisseurs profitent d’une offre télécoms de premier plan, d’un régime administratif simplifié et d’un allègement de la fiscalité du travail, égale à 20 % contre 40 % habituellement. Grâce au concept « Ready for Output », ils peuvent profiter de bureaux aménagés dans des zones dédiées, comme  le Technopark à Casablanca, à des tarifs concurrentiels…Ils peuvent également défiscaliser certaines de leurs formations.

L’Office de Formation Professionnelle (OFPPT) prend effectivement en charge jusqu’à 70% des frais de formation, 80% des frais d’études et l’élaboration du plan de formation de l’entreprise.

De surcroît, les entreprises étrangères profitent, les cinq premières années, d’une exonération totale de leur impôt puis, pendant vingt ans, d’un allégement partiel de 50%. Elles peuvent aussi obtenir des crédits à des taux d’intérêts en constante diminution. Il n’est pas rare que les banques acceptent de prêter des fonds à hauteur de 80 % d’un programme d’investissement.

Le Fonds Hassan II permet de financer 50 % du coût d’achat d’un terrain et 30 % de sa construction, voire 100 % de son prix d’acquisition si des travaux ne sont pas envisagés. « Il suffit, pour cela, de se rendre dans un Centre Régional d’Investissement (CRI), l’interlocuteur unique des investisseurs étrangers », précise Abdelali Berrada.
 
…Et mise sur la libéralisation de ses échanges

De par sa position géographique stratégique, le Maroc entretient des relations privilégiées avec l’Europe mais aussi avec le reste du monde. « Depuis son adhésion au GATT en 1996, le Maroc se libéralise. Cela s’est concrétisé par la signature d’accords de libre-échange avec 55 pays. Depuis octobre 2008, le pays bénéficie du Statut avancé avec l’Union Européenne avec qui elle réalise 58 % de ses échanges extérieur ».

La France figure d’ailleurs en tête des partenaires du Maroc comptabilisant 20 % des échanges… suivi de l’Espagne (14 %) et de l’Italie (6,1%). Les transactions commerciales entre la France et le Maroc atteignaient, en 2008, 8 milliards d’euros. Les Marocains important, pour 5 milliards d’euros, principalement des composants électroniques, du blé, des machines et des appareils divers, des voitures, des fils électroniques…
« Sur le territoire marocain, on recense plus de 1500 entreprises françaises. Le Maroc, ce n’est pas uniquement un marché de 33 millions d’habitants. Grâce aux accords de libre-échange signés, le Maroc s’apparente à  un marché d’un milliard de consommateurs », s’enthousiasme Khalid Benjelloun, de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM).

 Fanny Perrin d’Arloz