Destination LIBYE
Libye comment participer à la reconstruction
La dernière visite ministérielle française en Libye avant Noël a permis à trois grands groupes tricolores de signer des contrats “de reconstruction“. Air France pour la maintenance d'avions civils des compagnies Libyan Airlines et Afriqyiah (lire p.47), Alstom pour la fourniture d'équipements à la compagnie d'électricité nationale Gecol tandis que le futur plan d'urbanisme de la ville de Misrata revient au groupe Egis. Derrière les grands groupes, comment les Pme françaises dont l'offre correspond aux besoins urgents du pays peuvent-elles se remettre à travailler ou démarrer de nouvelles activités sur place ?
A l’issu d’un entretien avec les représentants français (Pierre Lellouche était à Tripoli le 20 décembre avec une délégation de grandes entreprises françaises), Bou Chagour déclarait : « Nous voulons que les entreprises françaises viennent mais sur des bases nouvelles fondées sur le principe de la transparence et de la compétitivité avec les autres entreprises ».
Près de 12 000 contrats “revus”
Aujourd’hui, les nouvelles autorités sont dans une situation délicate. « Les ministres en place doivent composer avec les pouvoirs régionaux, notamment à Misrata et Bengazhi. Chacune de leur décision doit être acceptée, leur position est difficile ».
« Ce sont les entreprises qui seront là au bon moment qui feront du business »
Tel est le cas de la société ABN Ingenierie Consulting qui élabore et installe des lignes de surgélation. La société devait signer un contrat de 1,4 millions d’euros à Misrata en mars 2011. Evidemment, la guerre a tout stoppé,… sauf les relations humaines.
« On a continué à prendre des nouvelles régulièrement de nos partenaires » explique Katia Durieux, directrice commerciale de la société. « Aujourd’hui, il n’y a plus de virement swift à Misrata. Notre client est allé à Tripoli pour faire son virement. Cette vente, on va la faire ! »
Car le pays, dont 95% des recettes proviennent de la rente pétrolière, est solvable. Des centaines de Mds USD sont disséminés à l’étranger, l’inventaire est toujours en cours.
« Le pays manque encore de liquidités mais pas d’argent. Le système bancaire va se remettre en ordre » résume Michel Casals selon lequel les entreprises qui veulent participer à la reconstruction du pays vont se heurter à un problème de rationalité, « c’est celles qui seront là au bon moment qui feront du business ! Il faudra être présent le jour où les décisions se prendront. Aujourd’hui, le dégel des avoirs est progressif, le pétrole recommence de nouveau à couler. La production est d’environ 800 000 barils/jour, soit près de la moitié de la production d’avant le 17 février. Le gaz alimente de nouveau les pipelines vers l’Europe ». L’économie se remet progressivement à fonctionner. Côté français, les entreprises sont nombreuses à vouloir se positionner. Depuis 6 mois, les réunions sur la Libye rassemblent entre 300 et 400 entreprises.
Mission commerciale du 11 au 14 février
La France n’est que le sixième fournisseur du pays (6% de part de marché et 1 Md d’exportations en 2010), loin derrière l’Allemagne, l’Italie ou encore la Turquie. Les entreprises tricolores ont l’appui de l’Etat qui a ouvert les financements sur la Libye. Katia Durieux rappelle une notion essentielle : l’humain. « Il est essentiel de faire le premier pas, de prendre des nouvelles des familles, c’est ce que nous avons fait pendant le conflit. Nos partenaires nous en sont reconnaissants ».
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De g. à d. Katia Durieux, directeur commerciale internationale chez ABN Ingienerie Consulting, Tarek Chérif, président du groupe tunisien Alliance et du syndicat patronal tunisien Conect, Michel Casals (de dos) président de la chambre de commerce franco-libyenne et Thierry Courtaigne, Vice président et directeur général du Medef international |
Peut-on se rendre en Libye en toute sécurité ?
S.E.









