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Grand angle sur la NORVÈGE

Partir avec toutes les garanties de réussite

Peu présentes sur ce  petit pays à fort pouvoir d'achat, les entreprises françaises ont pourtant une carte à jouer dans la recherche, les hautes technologies et sur des marchés publics culturels. L'Etat norvégien dépense beaucoup. Il recherche de la main d'œuvre technique et des ingénieurs.

De nombreux indicateurs confirment que la Norvège est une terre d’accueil pour les entreprises françaises : « Les produits français cosmétique et agro-alimentaire notamment le vin ont une excellente image de marque. Le « made in France » est apprécié à sa juste valeur. Si une entreprise viticole par exemple décroche un appel d’offre avec les autorités norvégiennes, elle est assurée de détenir ce marché pendant longtemps et de vendre de gros volumes. Ce pays, à monopole d’Etat, achète de plus en plus de volumes en vins bio depuis ces dernières années. Il y a une demande croissante en “bag in box” » explique Pascal  Lecamp directeur Norvège à Ubifrance.

Marché solvable, de petite taille, exigeant en qualité, en sécurité, en normes (protection, environnement), en santé, la Norvège est souvent comparée à un petit îlot de prospérité à très fort pouvoir d’achat au sein de l’Europe. Elle fait partie de l’espace économique européen (EEE) et a signé le traité de Schengen. Sa législation est alignée sur celle de l’Union Européenne à l’exception des secteurs de l’agriculture et de la pêche.
 
Elle possède une économie solide et des ressources importantes en gaz et pétrole. Un pays auquel les Français ne pensent pas toujours. Pour preuve, la France n’est que le 10e fournisseur de la Norvège derrière le Danemark et la Chine, avec seulement 3,2% de part de marché. C’est dans le secteur des hydrocarbures que la présence française est la plus marquante depuis le milieu des années 1960 avec Elf et Total Norge qui interviennent dans l’exploration/ production en mer du Nord, en mer de Norvège et en mer de Barents. Les autres investissements français sont le fait de grands groupes financiers, des services aux collectivités et informatiques. Les Pme françaises sont plus rares. La Norvège connaît une forte progression de sa consommation : + 4% en 2010. Une autre raison de ne pas négliger ce marché de 5 millions d’habitants.

« Un fort besoin de sous-traitance et de main d’œuvre »

La Norvège doit répondre à d’importantes demandes de consommation et ce, d’autant que le consommateur lambda a un des pouvoirs d’achat les plus élevés d’Europe, le 3° PIB / habitant au monde, soit 62 730 euros. Son profil ? «  Les Norvégiens utilisent beaucoup Internet et les réseaux sociaux. Le prix n’est pas un obstacle dans la négociation. Le Norvégien n’est pas un tacticien de la négociation. La ponctualité est une règle d’or. La prise de décision n’est pas nécessairement le fait du chef d’entreprise. Le modèle norvégien est basé sur la confiance liée à la faible hiérarchie régnant au sein de l’entreprise »  commente un spécialiste.  

L’Etat dépense beaucoup. Le secteur public norvégien a réalisé des achats pour environ 50 milliards d’euros en 2010. La transparence des marchés est de mise. Pour tout appel d’offres supérieur à 200 000 euros en biens et services, la publication est obligatoire ainsi que pour des appels d’offres supérieurs à 5 millions pour le secteur BTP.

La grande particularité de ce pays est sa recherche en main d’œuvre. La Norvège fait appel à une sous-traitance extérieure en ingénieurs venus de France et d’Estonie dans des domaines comme  le dessin en 3D pour les forages pétroliers. «  Le pays a besoin de sous-traiter de nombreux services à l’étranger, car il n’y a pas assez de personnes, de main d’œuvre sur place. Les Norvégiens cherchent des forces de travail dans des secteurs  comme les nanotechnologies. Ils sont aussi acheteurs de technologies pointues. Ils sont curieux de nouvelles technologies et investissent dans la recherche à travers par exemple la fondation France Norvège » souligne  Pascal Lecamp.

Quelles sont les stratégies budgétaires de l’Etat en 2012 ? L’éducation et la recherche sont les deux priorités affichées par le gouvernement. Celui-ci souhaite renforcer la recherche fondamentale en 2012 en dégageant d’importants fonds financiers pour les projets des chercheurs et des projets de construction liés à l’enseignement supérieur. L’Etat veut accorder une place plus prépondérante au monde étudiant (extension du nombre de places) car les jeunes générations veulent entrer plus tôt sur le marché du travail. Les dépenses culturelles vont continuer de croître ces prochaines années.
 
Les achats publics dans ce secteur sont toujours aussi conséquents. Les entreprises françaises peuvent se positionner sur ce marché, notamment à travers le projet architectural de concentration des musées à Oslo, un genre de « Beaubourg à la Norvégienne ». Pour implanter ce futur grand musée dans la ville culturelle d’Oslo, un quartier sera reconstruit dans le quartier des affaires. On ignore pour l’instant le montant de l’enveloppe totale  de ce vaste chantier.

Pierre-Louis Berger