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Focus marché : Moyen-Orient

Moyen-Orient : “Les systèmes bancaires sont relativement récents”

Quelques clefs pour développer vos affaires au Moyen-Orient et particulièrement au Qatar. Zoom sur les systèmes bancaires régionaux.

Les systèmes bancaires sont relativement récents en Arabie Saoudite, au Qatar, à Dubaï, au Koweit… En effet, les années 50 ont connu l’explosion et l’exploitation du pétrole et un début d’émergence de système bancaire. Les années 80 ont vu apparaître de nouvelles dispositions pour rendre l'économie moins dépendante du secteur des hydrocarbures. Les années 90 ont été placées sous le signe de la modernisation.

Bonne gouvernance

Depuis environ trente ans, dans les pays du Moyen-Orient, des successions de réformes conduisent à passer de systèmes très étatiques à des systèmes plus privés. « Mais il reste beaucoup à faire » admet Stéphane Bois, senior client manager trade and supply chain à HSBC s’exprimant récemment à la CCI de Lyon, lors du Forum de l’International, sur cette zone qui compte environ 200 millions d’habitants (en comptant la Turquie) qui commercent pour moitié entre eux mais aussi de plus en plus avec la Chine et l’Inde et insuffisamment avec l’Union Européenne et la France. « On a une place à prendre. Ils apprécient vraiment beaucoup les bons produits français » relève Samir Filali, directeur des ventes pour HSBC.

Aujourd’hui, la tendance est à l’établissement d’une bonne gouvernance. La plupart des pays de cette zone ont adhéré progressivement aux standards internationaux comme les normes comptables IFRS et les accords Bâle II.

Pour démarrer un business au Moyen-Orient, il faut compter entre cinq et douze jours pour les enregistrements de dossiers. Les coûts administratifs oscillent entre 1% et 10 % du capital investi. L’acquittement des taxes (dédouanement, documents à récupérer…) prend entre un et trois jours selon les pays de la zone. Les taux d’imposition s’échelonnent entre 11 % et 15 % du bénéfice. Le coût du fret à l’export peut beaucoup varier mais il fluctue souvent entre 500 dollars et 800 dollars par conteneur (20 TEU).

Il est préférable d’avoir du cash !

Les pays moyen-orientaux n’ont pas la même approche du crédit que les pays occidentaux. Une entreprise qui veut s’y développer doit avoir du cash.

Pour les transactions internationales, les banques du Moyen-Orient vont préférer demander à leurs clients un cash deposit plutôt que de leur attribuer une ligne de crédit à court terme ou des lignes de caution. Il ne faut pas oublier aussi que les intérêts bancaires sont interdits dans la religion musulmane. « Il faut être patient, gagner la confiance du négociateur d’abord car il peut s’écouler plus d’un an avant que le premier client ne passe une commande » insiste M. Filali.
Au Qatar, les banques sont bien encadrées par une réglementation stricte et par la banque centrale. La banque de développement au Qatar, la Qatar Development Bank, contribue largement en termes de financements à l’essor des entreprises qatari et notamment des Pme. Au royaume de l’émir Al-Thani, le bénéfice des sociétés est taxé à 10%. Il n’y a pas d’impôt sur le revenu pour les expatriés et le taux standard de taxe sur les importations est de 5% sauf exceptions qui ne sont pas taxées.

Premier producteur et exportateur mondial de gaz, deuxième exportateur d’hydrocarbures au monde après l’Arabie Saoudite, le Qatar  a vu sa population multipliée par deux ces dernières années  avec beaucoup d’étrangers qui contribuent à l’expansion du pays (1,6 million dont 15% de nationaux).

Un projet de banque centrale commune : GCC Central Bank

Le Qatar, l’Arabie Saoudite, Oman et Bahrein envisagent de créer une banque centrale commune qui s’appellera GCC Central Bank. Elle sera basée en Arabie Saoudite.

Annick Béroud